Je n’arrive pas à dormir. L’agrégation s’est bien passée, je suis relativement satisfaite de moi. L’année se termine lentement, j’attends. J’attends du changement. Mon soit j’ai l’agrégation, soit j’arrête ne tient plus puisque j’ai obtenu une réponse positive à ma demande de mutation. C’est d’ailleurs assez étrange car je n’ai pas tout à fait le nombre de points nécessaires pour Dijon. Si c’est une erreur, ils n’auront qu’à assumer.
Paris, les Parisiens me lassent. J’y suis née, j’y habite depuis toujours. Le métro, les klaxons, les touristes, les journalistes, etc. ne m’intéressent plus. Cet appartement minuscule qui me coûte plus de la moitié de mon salaire me déplaît : je ne m’y suis jamais sentie particulièrement bien.
En ce moment - enfin pas pendant les vacances, heureusement… -, j’ai une classe de cinquième. Ils sont usants mais il suffit de ramasser deux ou trois carnets de liaison pour les calmer. Leur niveau en orthographe me désole tellement que nous ne faisons plus que ça.
Dictée de mots en début d’heure, conjugaison de verbes puis passage au tableau pour les réveiller un peu. Ça commence à entrer mais ce n’est pas évident. Le reste du temps, on lit. On tente de lire, plutôt. Comme je suis un peu sur les nerfs en ce moment et qu’il m’est difficile de laisser mes soucis à la porte, il m’arrive - mais je me maîtrise - de faire passer un mauvais quart d’heure à un élève qui baye aux chimères.
Par exemple, un élève lit une phrase contenant le mot cheval :
- « Le Prince chevaucha son chemin et partit au galop. »
- « Son cheval, Tékoutrin. Son che-val. Recommence. »
- « Le Prince chevaucha son chemin et partit au galop. »
- « ARGHHHHHHHH ! SON CHE-VAL ! IL CHEVAUCHE SON CHEVAAAAAAL, PAS SON CHEMIN, putain de bordel de merde tu fais chier !!! »
À part ça, ça va.