Pas comprendre.

11 mai 2008

Jeudi 1, vendredi 2, samedi 3 ;
Jeudi 8, vendredi 9, samedi 10, lundi 12.

7 jours de paix. Les élèves vont sans doute penser que les « grandes vacances » ont commencé et ne viendront pas mardi ni mercredi ni jeudi ni même les autres jours… Imaginez !

Je pourrais cesser de me déplacer jusqu’à l’établissement et aller à la chasse à la maison en Bourgogne.

Mais il y a quelque chose que je ne comprends pas : je dois attendre fin juin ou je serai forcément mutée dans l’un des trois lycées que j’ai indiqués (dans la même ville) ?


Fainéantise

6 mai 2008

Le soleil qui fait plus que pointer le bout de son nez ; les oiseaux qui gazouillent ; les moteurs des tondeuse, qui font office de fond sonore, incitent apparemment nos jeunes élèves à déserter davantage qu’à l’accoutumée - c’est dire ! - les rangs.

Quand ils sont six, inutile de vouloir les faire travailler. On va quand même pas travailler alors qu’on n’est que six ! C’est sûr… on n’a déjà pas travaillé le reste de l’année, ce n’est pas maintenant qu’on va s’y mettre.

Au secours !


Tékoutrin est sourd.

2 mai 2008

Je n’arrive pas à dormir. L’agrégation s’est bien passée, je suis relativement satisfaite de moi. L’année se termine lentement, j’attends. J’attends du changement. Mon soit j’ai l’agrégation, soit j’arrête ne tient plus puisque j’ai obtenu une réponse positive à ma demande de mutation. C’est d’ailleurs assez étrange car je n’ai pas tout à fait le nombre de points nécessaires pour Dijon. Si c’est une erreur, ils n’auront qu’à assumer.

Paris, les Parisiens me lassent. J’y suis née, j’y habite depuis toujours. Le métro, les klaxons, les touristes, les journalistes, etc. ne m’intéressent plus. Cet appartement minuscule qui me coûte plus de la moitié de mon salaire me déplaît : je ne m’y suis jamais sentie particulièrement bien.

En ce moment - enfin pas pendant les vacances, heureusement… -, j’ai une classe de cinquième. Ils sont usants mais il suffit de ramasser deux ou trois carnets de liaison pour les calmer. Leur niveau en orthographe me désole tellement que nous ne faisons plus que ça.

Dictée de mots en début d’heure, conjugaison de verbes puis passage au tableau pour les réveiller un peu. Ça commence à entrer mais ce n’est pas évident. Le reste du temps, on lit. On tente de lire, plutôt. Comme je suis un peu sur les nerfs en ce moment et qu’il m’est difficile de laisser mes soucis à la porte, il m’arrive - mais je me maîtrise - de faire passer un mauvais quart d’heure à un élève qui baye aux chimères.

Par exemple, un élève lit une phrase contenant le mot cheval :

- « Le Prince chevaucha son chemin et partit au galop. »

- « Son cheval, Tékoutrin. Son che-val. Recommence. »

- « Le Prince chevaucha son chemin et partit au galop. »

- « ARGHHHHHHHH ! SON CHE-VAL ! IL CHEVAUCHE SON CHEVAAAAAAL, PAS SON CHEMIN, putain de bordel de merde tu fais chier !!! »

À part ça, ça va.


Jules, un ancien élève.

26 avril 2008

Les élèves sont toujours autant surpris de me rencontrer hors de l’établissement. Et pourtant, comme cela a déjà été dit sur quantité de blogs, dieu sait qu’on doit, nous aussi, faire nos courses, aller à la Poste, prendre le métro, etc. Il ne suffit pas de claquer des doigts pour se retrouver derrière le bureau, face aux monstres.

Jules, qui fait de la mise en rayon dans le magasin où je fais mes courses, était mal à l’aise la première fois qu’il m’a rencontrée. Il semblait avoir honte.

C’est un élève que j’ai eu pendant ma première année, en terminale BEP. Il n’était pas particulièrement désagréable mais, comme tous ses camarades, régulièrement absent. Il me donnait cependant l’impression d’écouter ce que je racontais. Il ne jouait pas très bien l’élève perturbateur : un mauvais acteur, en quelque sorte.

Je me souviens lui avoir parlé pendant la réunion parents-profs de ce qu’il l’attendait s’il ne se décidait pas à se mettre au travail. En vain.

Jules fait partie de ces élèves qui pourraient - et auraient envie de - réussir mais qui voient leur volonté anéantie par la masse d’imbéciles heureux qui les entourent. Combien sont-ils !


Mutations

21 avril 2008

Je ne pensais pas pouvoir être mutée avec mes malheureux petits points mais le résultat du mouvement interacadémique est pourtant bel et bien tombé : je serai dans l’académie de Dijon à la rentrée 2008.

Il me faut encore agencer mes vœux correctement pour ne pas me retrouver à 3 heures de mon domicile.

Les résultats définitifs tombent-ils vraiment fin juin ?


Absence

30 mars 2008

Agrégation oblige, je m’absente jusqu’à fin avril.


Il suffisait de demander !

25 mars 2008

Si le personnel du rectorat me lit : je ne veux plus que des sixièmes. Que ce soit en ZEP ou pas, je veux des sixièmes ! Je suis même prête à travailler 35 heures. Bénévolement, en plus.

Ils sont un peu agités mais ça reste tout à fait maîtrisable et puis je ne veux pas non plus me retrouver face à des zombies. Il faut savoir ce qu’on veut, hein !

On a eu le temps de parler de la création du monde (en 7 jours, oui, Brandon !), d’Adam et Eve (message perso : pas de la chanson, Estelle !) et de se préparer pour l’interro de demain. Oui, je ne voudrais pas perdre de temps. Il faut vérifier qu’ils écoutent bien et qu’ils passent au moins une partie de la soirée à réviser. Comme on a fini ce que j’avais prévu avant la fin de l’heure, on a écouté Georges Brassens (j’emmène toujours mon lecteur MP3 que je peux brancher sur la plupart du matériel dispo dans les réserves)

Ce qui me plaît chez eux, c’est qu’ils ne demandent qu’à découvrir autre chose que leur quotidien. Je les sens beaucoup moins résignés que leurs aînés. Et ça, ce n’est pas rien. Oh non !

Bonne soirée ! :-)